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← Tous les articles Mentions légales · LCEN 7 min de lecture Mis à jour le 6 septembre 2026

Mentions légales : ce que la loi impose à votre site (et ce que la CNIL ne contrôle pas)

Une page « Mentions légales » se rédige en une heure. C'est la page légale la plus simple à remplir sur un site français, et l'une des plus souvent incomplètes : un hébergeur cité sans adresse ni téléphone, un capital social d'il y a trois ans, les coordonnées de l'agence web à la place de celles de l'entreprise. Cet article liste ce que la loi demande réellement, dans quel ordre le vérifier, et qui contrôle quoi.

Avertissement : cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les textes cités sont ceux en vigueur à la date de rédaction ; pour une situation particulière, consultez un professionnel du droit.


Commencez par ceci : les cinq lignes le plus souvent absentes

Avant de relire toute la page, vérifiez ces cinq points. Ce sont les points les plus souvent oubliés.

  1. Le numéro de téléphone de l'hébergeur, pas seulement son nom. La LCEN demande le nom, l'adresse et le téléphone.
  2. Le directeur de la publication, désigné par son nom. « La société » n'est pas une personne.
  3. Le numéro RCS ou RM et le capital social, pour une société. Le capital doit être celui d'aujourd'hui, pas celui de la création.
  4. Le numéro de TVA intracommunautaire, si vous vendez en ligne et que vous êtes assujetti.
  5. Une adresse électronique de contact, obligatoire dès qu'il y a une activité de commerce électronique.

Si ces cinq lignes sont présentes et à jour, le reste est généralement en place. Sinon, la suite de l'article vous indique quoi ajouter.


Ce que la LCEN impose à tout éditeur professionnel

La base est l'article 6 de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN, loi n° 2004-575 du 21 juin 2004). Il s'applique à toute personne qui édite un site à titre professionnel, qu'il vende quelque chose ou non.

Élément Personne physique (entrepreneur individuel, profession libérale) Société
Identité Nom, prénoms, domicile Dénomination ou raison sociale, adresse du siège social
Téléphone Oui Oui
Immatriculation Numéro RCS ou RM si vous y êtes inscrit Numéro RCS ou RM
Capital social Sans objet Montant du capital social
Directeur de la publication Vous-même La personne désignée, en pratique souvent le représentant légal
Hébergeur Nom ou dénomination, adresse et numéro de téléphone du prestataire qui héberge le site

Le cas du site personnel. Une personne physique qui édite un site à titre non professionnel (un blog, un site associatif tenu à titre privé) peut se limiter à publier les coordonnées de l'hébergeur, à condition de lui avoir communiqué son identité. Cette possibilité disparaît dès que le site sert une activité professionnelle.


Si vous vendez en ligne : les ajouts de l'article 19

L'article 19 de la même loi complète la liste pour toute activité de commerce électronique, c'est-à-dire la vente de biens ou de services en ligne, y compris la simple prise de commande. Il demande un accès « facile, direct et permanent » aux informations suivantes, en plus de celles de l'article 6 :

La vente à des consommateurs ajoute des obligations d'information tirées du Code de la consommation : conditions générales de vente, droit de rétractation, et coordonnées du médiateur de la consommation auquel vous adhérez (article L.616-1). Ces informations figurent en général dans les CGV plutôt que dans les mentions légales, mais elles doivent exister quelque part sur le site.


Où placer les mentions légales


Qui contrôle quoi : tribunaux, DGCCRF, CNIL

La question revient souvent : « la CNIL va-t-elle vérifier mes mentions légales ? » En règle générale, non. Trois cadres distincts s'appliquent, avec trois acteurs différents.

Sujet Texte Qui intervient
Identification de l'éditeur et de l'hébergeur LCEN, article 6 Le juge, le plus souvent à l'occasion d'un litige (concurrence, contrefaçon, diffamation) où l'identité de l'éditeur est en cause
Information du consommateur et affichage des prix LCEN, article 19 ; Code de la consommation La DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes)
Politique de confidentialité et cookies RGPD, article 13 ; loi Informatique et Libertés, article 82 La CNIL

La LCEN assortit l'article 6 de sanctions pénales. En pratique, l'absence de mentions légales est surtout relevée quand un autre différend rend l'identité de l'éditeur importante. La CNIL, elle, ne s'intéresse pas à votre capital social : elle regarde ce que vous dites de vos traitements de données, la présence d'un bandeau cookies conforme et le contenu de votre politique de confidentialité. Ce sont deux chantiers différents, et le second est traité dans notre guide sur la conformité CNIL.


Les erreurs les plus fréquentes

  1. Hébergeur incomplet. « Site hébergé par OVH » sans adresse ni téléphone. Le nom seul ne suffit pas.
  2. Coordonnées du prestataire à la place de celles de l'éditeur. L'agence qui a créé le site n'est pas l'éditeur ; l'entreprise qui l'exploite l'est.
  3. Directeur de la publication absent, ou remplacé par le nom de la société.
  4. Forme juridique et capital périmés après une transformation de SARL en SAS ou une augmentation de capital.
  5. Mentions inaccessibles : lien mort dans le pied de page, texte dans une image, page absente de la version mobile.
  6. Site vitrine devenu boutique sans ajouter les mentions de l'article 19 (courriel, TVA, prix).

Structure type d'une page de mentions légales

Une page courte suffit. Voici l'ossature que nous recommandons, à compléter avec vos propres données.

Éditeur du site
  [Dénomination] – [forme juridique] au capital de [montant] €
  Siège social : [adresse]
  RCS [ville] [numéro] – TVA intracommunautaire : [numéro]
  Téléphone : [numéro] – Courriel : [adresse]

Directeur de la publication
  [Prénom Nom], [fonction]

Hébergement
  [Dénomination de l'hébergeur]
  [Adresse] – Téléphone : [numéro]

Activité réglementée (le cas échéant)
  [Titre professionnel, État d'obtention, ordre ou organisme]

Données personnelles et cookies
  Voir la politique de confidentialité : [lien]

Liste de vérification en trois minutes


Vérifiez la présence de vos pages légales

La vérification gratuite Sitetals examine votre page d'accueil et signale, entre autres, l'absence d'une page de mentions légales ou de politique de confidentialité accessible, ainsi que les services tiers chargés par votre site. C'est un point de départ pour la relecture décrite ci-dessus, pas un substitut à celle-ci.

Lancer la vérification gratuite

À lire également :


Sources : Loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, articles 6 et 19 · Code de la consommation, article L.616-1 · Règlement (UE) 2016/679, article 13 · Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, article 82 · Méthodologie Sitetals.

Rédaction Sitetals