Comment ça marche Ce que nous vérifions Tarifs Articles À propos Scanner gratuitement →
← Tous les articles RGPD · Développeurs 9 min de lecture Mis à jour le 6 septembre 2026

Checklist RGPD technique pour le développeur avant la mise en ligne d'un site

Vendredi, 18 h 40. Le site est livré, le DNS pointe, la page d'accueil s'affiche. Le client relit le devis, puis envoie un dernier message : « Et le RGPD, c'est bon ? ». La question tombe sur le développeur. Une bonne partie de la réponse est pourtant technique et se règle avant la mise en ligne : quels scripts se chargent, quand, quels champs les formulaires collectent, où vont les journaux, qui a un compte d'administration. Cet article rassemble ces points sous forme de liste à cocher, phase par phase, avec le texte qui fonde chaque point.

Avertissement : cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les textes cités sont ceux en vigueur à la date de rédaction ; pour une situation particulière, consultez un professionnel du droit.


Les textes sur lesquels la liste s'appuie

Chaque phase renvoie à un article précis du règlement (UE) 2016/679 (RGPD) ou de la loi française.

Côté pratique, la CNIL publie un Guide RGPD du développeur, organisé en fiches thématiques (sécuriser les sites web et les serveurs, minimiser les données collectées, gérer les utilisateurs, maîtriser les bibliothèques et SDK, tester les applications, informer les personnes, entre autres), ouvert aux contributions sur GitHub. Les phases ci-dessous suivent à peu près cet ordre, ramené à ce qu'un intégrateur peut faire seul en une demi-journée.


Phase 1 : inventaire des scripts tiers et des flux de données

Avant de parler consentement, il faut savoir ce que la page charge. Ouvrez l'onglet Réseau des outils de développement sur trois pages types, en navigation privée, sans cliquer sur le bandeau. Notez chaque domaine tiers contacté : gestionnaire de balises, polices hébergées à l'extérieur, carte interactive, lecteur vidéo intégré, module de chat, CDN, pixel publicitaire, outil de mesure d'audience. Chaque requête vers un tiers transmet au minimum l'adresse IP du visiteur, qui est un identifiant en ligne au sens de l'article 4, point 1, du RGPD (le considérant 30 cite expressément les adresses IP). La fiche « Maîtriser vos bibliothèques et vos SDK » du guide CNIL pose les deux questions utiles : quelles données sont envoyées à travers ces dépendances, et à quels destinataires.

PointOù vérifierFait
Liste de tous les domaines tiers appelés avant tout clic sur le bandeauOnglet Réseau, filtre « tiers », profil de navigateur viergeOui / Non
Pour chaque tiers : quelle donnée part (IP, URL de page, identifiant, contenu de formulaire)En-têtes et corps des requêtes ; documentation du fournisseurOui / Non
Polices, cartes, vidéos : version auto-hébergée ou façade cliquable possible ?Sources du thème, réglages du CMSOui / Non
Bibliothèques maintenues et à jour (mises à jour de sécurité)Fichier de dépendances, gestionnaire de paquetsOui / Non

Résultat de cette phase : un tableau des tiers, avec pour chacun « nécessaire au service » ou « non essentiel ». C'est la matière des phases 2 et 7.


Phase 2 : consentement avant le chargement des scripts non essentiels

L'article 82 de la loi Informatique et Libertés est clair sur l'ordre : information, puis consentement, puis accès au terminal. Un bandeau affiché pendant que le pixel se charge derrière ne respecte pas cet ordre. Le gestionnaire de balises ne doit déclencher aucune balise non essentielle tant que le signal de consentement n'existe pas, et les intégrations tierces (vidéo, carte, chat) doivent attendre le même signal ou être remplacées par une image cliquable qui ne charge rien avant le clic.

Deux nuances. La mesure d'audience peut être exemptée de consentement aux conditions décrites par la CNIL sur sa page « Cookies : solutions pour les outils de mesure d'audience » : finalité strictement limitée à la mesure d'audience pour le compte de l'éditeur, données statistiques anonymes uniquement, pas de recoupement avec d'autres traitements ni de suivi entre sites, durée de vie du traceur limitée (treize mois est cité comme exemple) et conservation des données pendant vingt-cinq mois au maximum. Et selon l'article 7, paragraphe 3, du RGPD, retirer son consentement doit être aussi simple que le donner : un lien permanent vers le gestionnaire de préférences, dans le pied de page, règle ce point.

PointOù vérifierFait
Aucun cookie ni requête non essentielle avant interaction avec le bandeauProfil de navigateur neuf, onglet Réseau et Stockage, sans cliquerOui / Non
Le bouton « Refuser » est au même niveau que « Accepter »Rendu du bandeau, mobile et bureauOui / Non
Après refus : encore aucune requête non essentielle, sur plusieurs pagesMême test, après clic sur « Refuser »Oui / Non
Lien permanent pour modifier ou retirer le choixPied de pageOui / Non
Preuve du consentement conservée (horodatage, version du bandeau, choix)Réglages de la solution de gestion du consentementOui / Non

Le test qui compte est le premier de ce tableau, avec un profil de navigateur vraiment vierge ; un profil déjà utilisé a souvent un consentement mémorisé.


Phase 3 : formulaires

Un formulaire de contact est le premier point de collecte du site. L'article 5, paragraphe 1, point c) demande des données limitées à ce qui est nécessaire ; la fiche CNIL « Minimiser les données collectées » le traduit simplement : si une donnée n'est pas nécessaire pour une catégorie de personnes, ne la collectez pas. L'article 13 demande que l'identité du responsable, les finalités, la base juridique, les destinataires et la durée de conservation soient fournis au moment de la collecte : une mention courte sous le bouton d'envoi, avec un lien vers la politique de confidentialité, répond à ce moment-là. Le considérant 32 du RGPD précise qu'il n'y a pas de consentement en cas de case cochée par défaut : la case « recevoir la newsletter » part décochée.

Deux pratiques qui ne sont pas imposées par un texte mais qui simplifient la vie du client : le double opt-in pour la newsletter, qui produit une preuve datée du consentement utile au regard de l'article 7, paragraphe 1 ; et un champ piège (honeypot) invisible plutôt qu'un captcha tiers, qui charge lui aussi un script externe et ramène à la phase 2.

PointOù vérifierFait
Chaque champ obligatoire a une raison ; les autres sont facultatifs ou supprimésDéfinition du formulaireOui / Non
Mention d'information sous le formulaire, avec lien vers la politiqueRendu du formulaireOui / Non
Aucune case pré-cochéeRendu du formulaireOui / Non
Newsletter : confirmation par e-mail avant inscriptionRéglages de l'outil d'e-mailingOui / Non
Anti-spam sans script tiers si possibleSources du formulaireOui / Non
Où sont stockées les soumissions et pendant combien de tempsBase du CMS, extension de formulaire, boîte e-mailOui / Non

Phase 4 : HTTPS partout, HSTS, cookies et en-têtes

La fiche CNIL « Sécuriser vos sites web, vos applications et vos serveurs » demande de mettre en œuvre TLS 1.2 ou 1.3 sur tous les sites, de forcer HTTPS via HSTS, et d'utiliser les indicateurs Secure et HttpOnly sur les cookies. C'est la déclinaison concrète du chiffrement mentionné à l'article 32, paragraphe 1, point a). Les en-têtes de sécurité (politique de contenu, protection contre l'inclusion en cadre, type de contenu) relèvent des mesures appropriées au risque du même article ; ils restent une mesure défensive générique, à adapter au site.

PointOù vérifierFait
Toute URL en HTTP redirige vers HTTPS, y compris avec et sans « www »Requêtes manuelles, onglet RéseauOui / Non
Aucun contenu mixte (image, script, police chargés en HTTP)Console du navigateurOui / Non
En-tête HSTS présentEn-têtes de réponseOui / Non
Cookies de session avec Secure, HttpOnly et un attribut SameSiteOnglet Stockage, en-têtes Set-CookieOui / Non
En-têtes de sécurité définis et testés sans casser le siteConfiguration du serveur webOui / Non
Renouvellement TLS automatique configuréHébergeur ou tâche planifiéeOui / Non

Phase 5 : journaux, sauvegardes et environnements de test

Les journaux du serveur web contiennent des adresses IP, donc des données personnelles. L'article 5, paragraphe 1, point e) limite la durée de conservation à ce qui est nécessaire. Pour les journaux de sécurité, la CNIL indique dans sa recommandation relative aux mesures de journalisation une durée comprise entre six mois et un an dans le cas général. Une rotation de journaux réglée sur cette fourchette, et notée, suffit pour un site vitrine ou une petite boutique.

Les sauvegardes relèvent de l'article 32, paragraphe 1, point c), mais une sauvegarde conservée indéfiniment contient les données que le site a effacées entre-temps. La fiche CNIL « Tester vos applications » est nette : pas de données réelles de production en développement et en test ; un jeu de données fictives, et une anonymisation de ce qui est importé. La préproduction copiée depuis la base réelle et accessible sans mot de passe est l'un des écarts les plus fréquents à la livraison.

PointOù vérifierFait
Rotation des journaux serveur réglée, durée notée dans le document de livraisonConfiguration du serveur web ou de l'hébergeurOui / Non
Sauvegardes automatiques, restauration testée une foisPanneau de l'hébergeur, outil de sauvegardeOui / Non
Durée de rétention des sauvegardes définieMême endroitOui / Non
Préproduction sans données réelles, ou données anonymiséesBase de la préproductionOui / Non
Préproduction protégée (authentification, non indexée)Accès direct à l'URL, en-tête X-Robots-TagOui / Non

Phase 6 : comptes d'administration

La fiche CNIL « Gérer les utilisateurs » demande des identifiants uniques et propres à chaque individu, une authentification avant tout accès à des données personnelles, une authentification forte lorsque c'est possible, et des procédures écrites pour les arrivées et départs. La fiche sur la sécurisation des sites ajoute une politique de mots de passe propre aux administrateurs, changés au moins à chaque départ d'un administrateur, et un accès aux interfaces d'administration limité aux seules personnes habilitées. Ces mesures relèvent de l'article 32. Le point souvent oublié : le compte de l'agence, avec les droits les plus élevés, encore actif après la fin du contrat.

PointOù vérifierFait
Un compte nominatif par personne ; aucun compte « admin » partagéListe des utilisateurs du CMS et de l'hébergementOui / Non
Rôle minimal par compte (éditeur plutôt qu'administrateur)Rôles du CMSOui / Non
Double authentification activée sur les comptes administrateursExtension ou réglage du CMS ; panneau de l'hébergeurOui / Non
Compte de l'agence supprimé ou désactivé à la remise, mots de passe changésListe des utilisateurs, accès FTP/SSH, panneau d'hébergementOui / Non
Clés d'API et secrets hors du dépôt de code, renouvelés à la livraisonFichiers d'environnement, historique du dépôtOui / Non

Phase 7 : sous-traitants

Reprenez le tableau de la phase 1 et ajoutez ce qui ne se voit pas dans le navigateur : hébergeur, e-mails transactionnels, outil d'e-mailing, sauvegarde externe, module de paiement. Chacun est un sous-traitant au sens de l'article 28 du RGPD. Le paragraphe 1 demande de ne faire appel qu'à des sous-traitants présentant des garanties suffisantes ; le paragraphe 3 demande un contrat écrit qui couvre notamment le traitement sur instruction documentée, la confidentialité, les mesures de sécurité de l'article 32, l'encadrement des sous-traitants ultérieurs, l'aide à l'exercice des droits et la suppression ou restitution des données en fin de contrat. Chez la plupart des fournisseurs en ligne, ce contrat existe déjà sous forme d'accord de traitement des données (DPA). Le développeur ne le négocie pas ; il s'assure qu'il existe, note où il se trouve et relève le lieu d'hébergement indiqué par le fournisseur.

PointOù vérifierFait
Liste complète des prestataires qui traitent des données (visibles et invisibles)Tableau de la phase 1 + configuration serveur et CMSOui / Non
Pour chacun : accord de traitement des données trouvé et lien notéEspace client ou documentation juridique du fournisseurOui / Non
Lieu d'hébergement des données relevé pour chacunMême sourceOui / Non
Prestataires inutilisés supprimés (extension désactivée, compte fermé)Extensions du CMS, comptes fournisseursOui / Non

Phase 8 : le document de remise au client

La dernière phase ne se code pas. Elle consiste à écrire, en une page, ce qui a été réglé et ce qui reste au client. Le client est le responsable du traitement ; c'est à lui que l'article 25 s'adresse, et c'est lui qui répond aux demandes des personnes. Sans ce document, le travail des phases 1 à 7 est invisible pour le client.


Liste finale avant la mise en ligne


Vérifiez la présence de vos pages légales

La vérification gratuite Sitetals examine votre page d'accueil et signale, entre autres, l'absence d'une page de mentions légales ou de politique de confidentialité accessible, ainsi que les services tiers chargés par votre site. C'est un point de départ pour la relecture décrite ci-dessus, pas un substitut à celle-ci.

Lancer la vérification gratuite

À lire également :


Sources : Règlement (UE) 2016/679, articles 4, 5, 7, 13, 25, 28 et 32, considérants 30 et 32 · Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, article 82 · CNIL, Guide RGPD du développeur (fiches Sécuriser vos sites web, Minimiser les données collectées, Gérer les utilisateurs, Maîtriser vos bibliothèques et vos SDK, Tester vos applications, Informer les personnes) · CNIL, recommandation relative aux mesures de journalisation · CNIL, Cookies : solutions pour les outils de mesure d'audience · Méthodologie Sitetals.

Rédaction Sitetals