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← Tous les articles RGPD · Politique de confidentialité 9 min de lecture Mis à jour le 6 septembre 2026

Politique de confidentialité : les mentions des articles 13 et 14 du RGPD, en partant de votre registre

Une menuiserie de douze personnes reçoit un courriel d'un client : « Que faites-vous de mon adresse et de mon numéro de téléphone ? » La gérante ouvre la page « Politique de confidentialité » de son site. Elle a été copiée il y a trois ans depuis le site d'un confrère. Le nom de l'autre entreprise apparaît encore au troisième paragraphe. La page parle d'une newsletter que la menuiserie n'a jamais envoyée, ne dit rien de la durée de conservation des devis, et ne cite aucune base juridique. Elle ne répond pas à la question du client. Cet article explique ce que les articles 13 et 14 du RGPD demandent, mention par mention, et comment écrire cette page en une demi-journée en partant d'un document que vous avez peut-être déjà : le registre des traitements.

Avertissement : cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil juridique. Les textes cités sont ceux en vigueur à la date de rédaction ; pour une situation particulière, consultez un professionnel du droit.


Commencez par ceci : les cinq mentions le plus souvent absentes

Avant de tout réécrire, cherchez ces cinq éléments dans votre page actuelle. Ce sont ceux qui manquent le plus souvent.

  1. La base juridique de chaque finalité. L'article 13, paragraphe 1, point c) demande « les finalités du traitement […] ainsi que la base juridique du traitement ». Une liste de finalités sans base juridique ne suffit pas.
  2. La durée de conservation, ou les critères qui la déterminent (article 13, paragraphe 2, point a).
  3. Le droit d'introduire une réclamation auprès d'une autorité de contrôle, en France la CNIL (article 13, paragraphe 2, point d).
  4. Le droit de retirer son consentement à tout moment, pour chaque traitement fondé sur le consentement (article 13, paragraphe 2, point c).
  5. Les destinataires ou catégories de destinataires : hébergeur, outil d'emailing, prestataire de paiement, expert-comptable (article 13, paragraphe 1, point e).

Si ces cinq points sont présents, votre page a déjà une ossature. Sinon, la suite vous donne la liste complète et une méthode pour la remplir.


Deux articles, deux situations : 13 et 14

Le RGPD distingue deux cas selon l'origine des données.

Situation Article Quand informer
Les données sont collectées auprès de la personne elle-même : formulaire de contact, devis, commande, inscription à une lettre d'information. Article 13 « Au moment où les données en question sont obtenues », c'est-à-dire au moment du formulaire.
Les données n'ont pas été collectées auprès de la personne : fichier acheté ou loué, annuaire professionnel, réseau social, données transmises par un partenaire. Article 14 Dans un délai raisonnable ne dépassant pas un mois ; au plus tard lors de la première communication si les données servent à contacter la personne ; au plus tard lors de la première transmission si elles sont communiquées à un autre destinataire (article 14, paragraphe 3).

La liste des mentions est presque la même dans les deux articles. L'article 14 ajoute deux éléments : les catégories de données concernées (paragraphe 1, point d) et la source des données, avec l'indication qu'elles proviennent ou non de sources accessibles au public (paragraphe 2, point f). Une PME qui n'utilise que ses propres formulaires relève de l'article 13. Dès qu'elle prospecte à partir d'un fichier acheté ou d'un annuaire, l'article 14 s'applique aussi, et le délai d'un mois court à partir de l'obtention du fichier.

Ce que vous pouvez faire dès maintenant : noter, pour chaque catégorie de personnes (clients, prospects, candidats, visiteurs du site), d'où viennent leurs données. Ce tri décide quel article s'applique.


La forme : ce que l'article 12 demande

L'article 12, paragraphe 1, du RGPD fixe la forme. L'information est fournie « d'une façon concise, transparente, compréhensible et aisément accessible, en des termes clairs et simples ». Elle est donnée par écrit, y compris par voie électronique. Le paragraphe 5 du même article précise qu'elle est fournie gratuitement.

Concrètement, pour une page web :

La CNIL admet une information à plusieurs niveaux : l'essentiel sous le formulaire (qui collecte, pourquoi, lien vers la page complète), le détail sur la page de politique de confidentialité. Ce que vous pouvez faire dès maintenant : relire votre page à voix haute ; chaque phrase qu'un client ne comprendrait pas est à réécrire.


Mention par mention : la liste complète

Voici les mentions que les articles 13 et 14 du RGPD demandent, et où trouver l'information dans votre organisation. La colonne « Registre » renvoie au champ correspondant du registre des traitements de l'article 30.

Mention Art. 13 Art. 14 Registre (art. 30)
Identité et coordonnées du responsable du traitement (et de son représentant, le cas échéant) §1 a) §1 a) §1 a) : nom et coordonnées
Coordonnées du délégué à la protection des données, si vous en avez un §1 b) §1 b) §1 a)
Finalités du traitement et base juridique de chaque finalité §1 c) §1 c) §1 b) : finalités (la base juridique n'y figure pas ; ajoutez une colonne)
Intérêts légitimes poursuivis, si c'est la base retenue §1 d) §2 b) Même colonne ajoutée
Catégories de données concernées Non exigé §1 d) §1 c)
Destinataires ou catégories de destinataires §1 e) §1 e) §1 d)
Transfert hors UE, existence ou absence d'une décision d'adéquation, garanties appropriées et moyen d'en obtenir copie §1 f) §1 f) §1 e)
Durée de conservation ou critères de détermination §2 a) §2 a) §1 f) : délais d'effacement
Droits d'accès, de rectification, d'effacement, de limitation, d'opposition et à la portabilité §2 b) §2 c) Texte commun à tous les traitements
Droit de retirer son consentement à tout moment (traitements fondés sur le consentement) §2 c) §2 d) Colonne base juridique = consentement
Droit d'introduire une réclamation auprès d'une autorité de contrôle §2 d) §2 e) Texte commun
Caractère réglementaire ou contractuel de la fourniture des données, et conséquences d'un refus §2 e) Non exigé À déduire de la finalité (un devis sans adresse ne peut pas être établi)
Source des données, et si elles viennent de sources accessibles au public Non exigé §2 f) À ajouter au registre si absent
Existence d'une décision automatisée, y compris un profilage, et logique sous-jacente §2 f) §2 g) Rare pour une PME ; le dire quand il n'y en a pas est une bonne pratique

Les bases juridiques possibles sont listées à l'article 6, paragraphe 1 : consentement, contrat ou mesures précontractuelles, exigence légale, intérêts vitaux, mission d'intérêt public, intérêts légitimes. Pour une PME, trois reviennent presque toujours : le contrat (devis, commande, facture), l'exigence légale (conservation comptable) et le consentement (lettre d'information, traceurs non nécessaires). Ce que vous pouvez faire dès maintenant : ajouter une colonne « base juridique » à votre registre et la remplir ligne par ligne.


La méthode « registre d'abord » : un traitement, un bloc

Le registre des traitements de l'article 30 du RGPD contient déjà, pour chaque traitement, les finalités, les catégories de personnes et de données, les destinataires, les transferts hors UE et les délais d'effacement. Ce sont, à deux colonnes près, les mentions des articles 13 et 14. Si vous ne l'avez pas encore, ou si vous pensez en être dispensé, lisez d'abord notre article sur le registre et l'exemption « moins de 250 salariés » : un registre de six lignes suffit à une petite entreprise et se construit en une matinée.

La méthode tient en quatre étapes :

  1. Complétez le registre avec deux colonnes qu'il ne contient pas d'origine : la base juridique et, pour les données obtenues ailleurs, la source. (Une heure.)
  2. Écrivez un bloc commun en tête de page : identité et coordonnées du responsable, DPO s'il y en a un, liste des droits, droit de réclamation auprès de la CNIL, adresse à laquelle exercer ses droits. (Trente minutes.)
  3. Transformez chaque ligne du registre en un bloc : « Gestion des devis et commandes », « Réponse aux demandes de contact », « Lettre d'information », « Candidatures », « Mesure d'audience ». Chaque bloc reprend, dans le même ordre, finalité, base juridique, données, destinataires, durée, transfert éventuel. (Vingt minutes par traitement.)
  4. Relisez avec un client en tête, supprimez ce qui ne vous concerne pas, datez la page. (Trente minutes.)

L'avantage de cette méthode est la cohérence : la politique ne peut pas annoncer un traitement absent du registre, ni l'inverse. Quand un nouvel outil arrive (un logiciel de devis, un chat sur le site), une ligne s'ajoute au registre et un bloc à la page, le même jour.


Où placer la page et comment la relier


Les erreurs les plus fréquentes

  1. La politique copiée d'une autre entreprise. Elle décrit les traitements de quelqu'un d'autre, parfois avec son nom. Chaque bloc de votre page décrit un traitement que vous faites réellement.
  2. Des finalités sans base juridique. « Nous utilisons vos données pour améliorer nos services » ne dit ni pourquoi c'est permis, ni ce que la personne peut en faire.
  3. Un paragraphe « cookies » sans liste. « Ce site utilise des cookies » n'informe sur rien. La liste des traceurs, leur émetteur, leur finalité et leur durée sont attendus.
  4. Aucune durée de conservation. « Le temps nécessaire » n'est ni une durée ni un critère. « Jusqu'à la fin de la relation commerciale, puis pendant la durée légale de conservation des pièces comptables » en est un.
  5. Pas de droit de réclamation. La mention du droit de saisir la CNIL manque dans beaucoup de pages, alors qu'elle tient en une phrase.
  6. Le retrait du consentement absent pour la lettre d'information ou les traceurs, alors que l'article 7, paragraphe 3, du RGPD prévoit qu'il doit être aussi simple de retirer son consentement que de le donner.
  7. Les données achetées passées sous silence. Un fichier de prospection relève de l'article 14 : la source et les catégories de données figurent dans la page, et l'information est envoyée dans le mois ou au premier contact.

Bloc type pour un traitement

Voici l'ossature que nous recommandons pour chaque traitement, à compléter avec vos propres données. La page commence par un bloc commun (responsable, DPO éventuel, droits, réclamation), puis répète ce bloc autant de fois qu'il y a de lignes dans le registre.

Responsable du traitement
  [Dénomination] – [adresse] – [courriel de contact]
  Délégué à la protection des données (le cas échéant) : [coordonnées]

Traitement : [Gestion des devis et des commandes]
  Finalité        : établir un devis, exécuter la commande, facturer
  Base juridique  : contrat ou mesures précontractuelles
                    ; exigence légale pour la conservation
                    comptable
  Données         : identité, coordonnées, contenu de la demande,
                    données de facturation
  Fourniture      : nécessaire à l'établissement du devis ;
                    sans ces données, la demande ne peut pas
                    être traitée
  Destinataires   : [hébergeur], [logiciel de devis],
                    [expert-comptable], [prestataire de paiement]
  Transfert hors UE : [aucun] / [pays, garantie, où en obtenir copie]
  Conservation    : [durée de la relation commerciale + N ans] ;
                    pièces comptables : [durée légale]
  Source (art. 14 uniquement) : [fichier, annuaire, partenaire]

Vos droits
  Accès, rectification, effacement, limitation, opposition,
  portabilité ; retrait du consentement à tout moment pour les
  traitements fondés sur celui-ci.
  Pour les exercer : [courriel / adresse]
  Réclamation : vous pouvez saisir la CNIL (www.cnil.fr)

Dernière mise à jour : [date]

Liste de vérification


Vérifiez la présence de vos pages légales

La vérification gratuite Sitetals examine votre page d'accueil et signale, entre autres, l'absence d'une page de mentions légales ou de politique de confidentialité accessible, ainsi que les services tiers chargés par votre site. C'est un point de départ pour la relecture décrite ci-dessus, pas un substitut à celle-ci.

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À lire également :


Sources : Règlement (UE) 2016/679, articles 6, 7, 12, 13, 14 et 30 · CNIL, « Conformité RGPD : comment informer les personnes et assurer la transparence ? » · Loi n° 78-17 du 6 janvier 1978, article 82 · Méthodologie Sitetals.

Rédaction Sitetals